Mieux les comprendre pour mieux les identifier afin de mieux pouvoir les limiter.
Les douces violences sont qualifiées par des gestes ou paroles maladroites adressés à un enfant de la part des adultes qui ne viennent pas sécuriser l’enfant sans pour autant avoir de volonté de venir lui nuire. Cela peut arriver à cause d’attentes parfois inadaptées de l’adulte pourtant bien intentionné.
Concrètement dans le quotidien des structures d’accueil petite enfance :
Les professionnels peuvent parfois attendre d’un enfant qu’il obéisse aux règles. Or l’enfant n’a pas cette capacité puisque le lobe frontal dans le cerveau du jeune enfant n’est pas mature. En effet, avant ses trois ans, l’enfant n’aura pas de capacité d’inhibition. Ce qui signifie qu’il réagira par des pulsions et n’aura pas de contrôle de ses émotions. C’est pourquoi on parle souvent de tempête émotionnelle chez le jeune enfant. En fait, cette immaturité cérébrale empêche l’enfant de comprendre qu’il existe des intentions et besoins différents des siens, puisqu’il n’a pas la capacité de se mettre à la place de l’autre. C’est pourquoi lui demander de respecter une consigne ou une règle est très difficile pour lui.
Pour composer avec cette immaturité cérébrale, l’enfant a besoin de sécurité affective qui lui sera apporter par les adultes qui l’accompagne au quotidien. L’enfant aura besoin d’être dans un environnement stable et doté de repères dans lequel il sait qu’il peut compter sur l’adulte pour répondre à ses besoins : par exemple, pour ressentir cette sécurité affective l’enfant a besoin que l’adulte le prenne dans ses bras lorsqu’il pleure pour s’apaiser. La sécurité affective est la base de tout puisqu’elle permet à l’enfant de s’autoriser à découvrir et à tenter de nouvelles expériences. Cependant, il peut arriver que l’adulte ait involontairement des réponses ou des attitudes qui ne viennent pas répondre aux besoins de l’enfant sur l’instant et c’est à ce moment-là que peuvent apparaitre les douces violences.
Repérer les douces violences pour les limiter :
Les douces violences peuvent prendre la forme de paroles blessantes (“Dépêche-toi, tu es lent, tu n’es pas tout seul”) ou humiliantes, comme utiliser un surnom dévalorisant pour appeler un enfant. Les jugements et les comparaisons entre enfants sont également associés à des douces violences, puisque qu’ils viennent insécuriser l’enfant. Toutes ces formulations maladroites sont à éviter.
C’est souvent lié à l’adulte qui est pressé par le quotidien et qui ne prend pas le temps d’expliquer à l’enfant ce qu’il s’apprête à faire par exemples : moucher un enfant sans le prévenir, lui passer la main dans les cheveux sans prévenir, changer la couche sans prévenir, coincer un bavoir sous une assiette, passer la cuillère sur la bouche de l’enfant pour ramasser la nourriture, essuyer la bouche sans prévenir… Ces gestes qui semblent banals peuvent être assimilés à des douces violences car ils peuvent involontairement venir impacter le développement du jeune enfant. Il est donc important, lors des soins, de toujours prévenir l’enfant de nos gestes pour le rendre acteur de ces moments où il est finalement dépendant de l’adulte. De la même façon, veiller à respecter l’intimité de l’enfant, en ne déshabillant pas un enfant devant les autres ou ne sentant pas sa couche pour vérifier s’il y a une selle, permet d’éviter une douce violence.
Les comportements associés à des douces violences peuvent aussi être des attitudes qui empêchent l’enfant de faire ses propres expériences Par exemple, aider un enfant en lui donnant à manger en disant qu’il va en mettre partout ou qu’il est trop lent à manger alors qu’il a besoin de faire ses propres expériences pour apprendre peut être considéré comme une douce violence. Il est au contraire important de laisser l’enfant explorer seul pour son développement et son apprentissage.
Les douces violences peuvent s’installer dans le rythme intense du quotidien de la vie. C’est pourquoi avoir conscience de l’existence des douces violences et de leur conséquence permet d’agir au quotidien dans ses pratiques en essayant d’ajuster ses gestes et ses paroles afin de les limiter au maximum.